Between Instinct and Reason
TEMPLON New York est honoré de présenter la première exposition du peintre américain Will Cotton.
Dans ce nouveau corpus d’oeuvres, Between Instinct and Reason, l’artiste poursuit sa réflexion sur la culture pop et sur une nouvelle mythologie américaine. Dans le monde de Cotton, fait de sucreries, de licornes roses et de cow-boys hypermasculins, l’artiste introduit un nouvel acteur : la sirène.
Dans ces peintures monumentales, Cotton dépeint des scènes glamours de sirènes séduisantes, aussi belles que potentiellement dangereuses. Elles tentent les cow-boys avec des pâtisseries et les encerclent dans des tourbillons océaniques ; elles contemplent, comme Narcisse, leurs propres reflets aquatiques et entament de sérieuses discussions entre elles. Nous les observons de loin dans leur habitat naturel, chargé de friandises, et dans d’autres cas, nous sommes captivés par leur regard hypnotique. Tout comme le cow-boy tente en vain d’apprivoiser la licorne, la sirène ne peut être contrôlée par personne. Elle peut cependant contrôler qui elle veut.
La sirène telle que nous la connaissons a captivé l’imagination occidentale dès le Moyen Âge, les premières images de créatures marines féminines hybrides étant apparues avant le premier siècle. À l’instar des licornes, la mythologie ancienne et les tapisseries médiévales dépeignent souvent les sirènes comme dangereuses et violentes envers les hommes, ce qui est diamétralement opposé à notre version contemporaine disneyfiée de l’innocente petite créature. Cotton s’intéresse à la « défiguration » de ces créatures mythologiques par l’Amérique, et ses nouvelles oeuvres explorent les complexités et les nuances d’un personnage qui est souvent simplifié à un trope. Ces peintures ne se veulent pas didactiques – l’artiste brouille intentionnellement la frontière entre le bien et le mal. Cotton défend la sirène comme le personnage féminin le plus fort, non influencé par les normes morales et non menacé par les forces extérieures. Une sirène séduira et noiera un marin sur un coup de tête, simplement pour se divertir. Grâce à son chant et à sa beauté physique, elle piège ses homologues masculins pour satisfaire ses propres désirs. Subvertissant même le regard du spectateur, jamais soumise aux désirs d’autrui, la sirène nous attire avec son pouvoir prédateur.
Né en 1965, Will Cotton a étudié à la New York Academy of Art et aux Beaux-Arts de Rouen. Il a longtemps exposé chez Mary Boone Gallery (New York) et Jablonka Gallery (Cologne). Ses oeuvres ont été présentées dans le monde entier, notamment au San Francisco Museum of Art (2000), au Seattle Art Museum (2002), à la Kunsthalle de Bielefeld, en Allemagne (2004), au CAPC de Bordeaux (2005), au Chelsea Art Museum de New York (2006), à la Triennale Bovisa de Milan (2007), au Musée Marmottan de Giverny (2008), au Cornell University Museum de New York (2014) et au musée d’Orlando en Floride (2017). Il est également connu pour ses projets artistiques dans des domaines très variés, qu’il s’agisse de pâtisseries avec Ladurée, de collaborations avec des stars de la pop telles que Katy Perry ou de reportages sur la mode avec Elle Fanning pour le New York Magazine. Parallèlement à cette exposition, Cotton a été invité à transformer l’emblématique Rockefeller Center, en exposant dans tout le bâtiment une série de sculptures et de dessins représentant ses cow-boys, ses licornes et ses pâtisseries. L’installation fait partie de l’exposition Art in Focus, produite en partenariat avec Art Production Fund, et sera visible jusqu’au 31 mai 2025.
Né en 1965 aux États-Unis, Will Cotton vit et travaille à New York. L’artiste appartient à cette génération de peintres américains qui renouvellent le langage de la peinture figurative. Il construit dans son atelier des assemblages géants de confiseries (maisons de pain d’épice, bonbons, montagnes de gâteaux, mers de chocolat) donnant la possibilité de créer une nouvelle réalité. Will Cotton conçoit ses toiles comme des utopies, explorant les notions de tentation et d’excès.